Marché immobilier

Valeur verte : comment le DPE influence le prix de votre bien immobilier

Publié le 22 août 2025 , mis à jour le 22 août 2025

Valeur verte : comment le DPE influence le prix de votre bien immobilier

La transition énergétique s’impose de plus en plus dans le paysage immobilier français. La notion de valeur verte, qui désigne l’impact de la performance énergétique d’un logement sur son prix de vente, devient un critère déterminant pour les acheteurs comme pour les vendeurs. Chiffres à l’appui, voici comment le DPE influence réellement les transactions.

Qu’est-ce que la valeur verte ?

La valeur verte correspond à la plus-value ou la moins-value attribuée à un logement selon son étiquette énergétique, telle qu’indiquée dans le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Classés de A (très économe) à G (très énergivore), les logements les mieux notés sont aujourd’hui perçus comme plus attractifs sur le marché, et les moins performants comme des charges futures, entre travaux obligatoires et interdiction progressive de location.

2023 : une réalité chiffrée

L’année 2023 illustre parfaitement le phénomène. Sur fond de baisse globale des prix immobiliers (-2 % pour les appartements et -4 % pour les maisons), les étiquettes ont fait la différence :

  • les logements économes (classes A et B) ont vu leurs prix médians augmenter de +1 % pour les appartements et +2 % pour les maisons ;
  • les logements énergivores (classes F et G) ont au contraire chuté : -6 % pour les appartements et -3 % pour les maisons.

Autrement dit, la performance énergétique est devenue un facteur de résistance, voire de hausse, même dans un marché baissier.

Un écart de prix qui se creuse entre classes

Les écarts entre bonnes et mauvaises étiquettes deviennent spectaculaires :

  • les maisons classées A ou B se vendent jusqu’à 18 % plus cher que les mêmes biens classés D, selon les régions, avec des écarts particulièrement marqués en Occitanie et dans le Grand Est ;
  • pour les appartements, les décotes liées aux classes F ou G peuvent atteindre -15 % à -25 % selon les territoires.

Source : notaires.fr : performance énergétique : la valeur verte des logements.

Les petites surfaces particulièrement exposées

Les logements de moins de 40 m² concentrent les mauvaises étiquettes : plus de la moitié des appartements classés F ou G sont de petite surface. Conséquence directe sur les prix : leur prix médian a chuté de -8 % en un an, contre -4 % pour l’ensemble des petites surfaces.

C’est un signal fort pour les investisseurs et les propriétaires de studios ou de T1, longtemps considérés comme des valeurs refuges locatives.

Un effet très local : la performance énergétique dépend du territoire

La valeur verte varie aussi selon la géographie :

  • Paris, la Creuse et le Cantal concentrent une majorité de ventes de logements énergivores ;
  • à l’inverse, l’Hérault et la Haute-Garonne comptent deux fois plus de logements économes que de passoires thermiques ;
  • en zone littorale, les logements sont généralement plus performants, tandis que les zones montagneuses regroupent davantage de biens énergivores.

Avant d’acheter ou de vendre, il est donc utile de situer son bien par rapport à son marché local.

Une réglementation qui accentue la pression

Depuis 2023, les logements les plus énergivores (classe G+) sont interdits à la location. Cette réglementation s’étendra aux classes F en 2028 et aux classes E en 2034, ce qui pousse les propriétaires à anticiper des travaux de rénovation énergétique. L’étiquette DPE, régulièrement critiquée, n’en joue pas moins un rôle central dans l’évaluation des biens : chaque classe perdue est à la fois une décote potentielle et une échéance réglementaire qui se rapproche.

FAQ

Qu’est-ce que la valeur verte d’un bien immobilier ?

C’est l’impact de l’étiquette DPE sur le prix d’un logement. En pratique, une maison classée A ou B se vend jusqu’à 18 % plus cher qu’une maison équivalente classée D, tandis qu’un appartement F ou G peut subir une décote de 15 à 25 %.

Un logement F ou G perd-il de la valeur ?

Oui. En 2023, les appartements classés F et G ont perdu 6 % de valeur et les maisons 3 %, quand les classes A et B continuaient de progresser. L’interdiction de location (G depuis 2025, F en 2028, E en 2034) accentue la décote.

Peut-on améliorer la valeur verte de son bien avant de vendre ?

Oui, c’est même le meilleur calcul à faire : des travaux ciblés (isolation, chauffage) peuvent faire gagner une à deux classes et restaurer une partie de la valeur. Une simulation DPE avant travaux évite de surinvestir.

Intégrez la valeur verte à votre stratégie

La valeur verte n’est plus une option : c’est un levier de valorisation ou de dévalorisation incontournable, que vous soyez vendeur, acquéreur ou investisseur. Avant de mettre en vente ou d’acheter, faites analyser votre DPE pour chiffrer le gain de valeur attendu après travaux, et consultez le simulateur DPE 2027 pour connaître l’évolution probable de votre étiquette, donc de votre prix, dans les années à venir.