Passoires thermiques : interdiction de location des logements DPE G en 2025
Publié le 21 août 2025 , mis à jour le 21 août 2025
La France s’est lancée dans une véritable révolution énergétique, et l’un de ses axes majeurs est l’éradication des passoires thermiques. Ces logements énergivores, souvent mal isolés et équipés de systèmes vétustes, sont progressivement mis sous pression par des mesures législatives de plus en plus strictes. Parmi elles, l’interdiction de location des logements classés G au DPE, entrée en vigueur le 1er janvier 2025, constitue un tournant décisif pour les bailleurs.
Pourquoi interdire la location des logements classés F et G ?
Les passoires thermiques, classes F et G, sont gourmandes en énergie à cause d’une mauvaise isolation, d’équipements vétustes ou d’un chauffage obsolète. Leurs conséquences sont sociales, environnementales et économiques :
- Inconfort : difficiles à chauffer en hiver, ces logements peuvent devenir étouffants en été ;
- Coût énergétique élevé : les locataires doivent surconsommer pour atteindre un minimum de confort ;
- Risque sanitaire : les ménages les plus précaires réduisent leur chauffage au détriment de leur santé ;
- Impact environnemental : ces logements génèrent des émissions de gaz à effet de serre importantes.
L’interdiction vise donc à inciter les propriétaires à rénover, en rendant tout simplement impossible la location d’un bien qui n’atteint pas un seuil minimal de performance.
Le calendrier des interdictions de location
Les échéances se déploient progressivement :
| Année | Classe concernée | Consommation |
|---|---|---|
| 2025 | G | supérieure à 420 kWh/m²/an |
| 2028 | F | entre 330 et 420 kWh/m²/an |
| 2034 | E | entre 230 et 330 kWh/m²/an |
Ces dates peuvent sembler lointaines pour les classes F et E, mais elles s’accompagnent dès aujourd’hui de conséquences financières et légales, gel des loyers, valeur du bien, qui incitent à agir maintenant.
À noter : le calendrier des classements évolue aussi avec les réformes du calcul. Après le coefficient électrique ramené de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, une nouvelle étape est prévue au 1er janvier 2027 avec un coefficient de 1,7 (arrêté du 19 août 2026). Vérifiez si votre bien peut changer de classe avec le simulateur DPE 2027.
Comment rénover pour éviter l’interdiction ?
Passer de la classe G à la classe D demande des interventions profondes :
- isolation des murs et de la toiture ;
- remplacement des fenêtres ;
- installation d’un système de chauffage performant ;
- voire rénovation complète de l’installation électrique et de la ventilation.
C’est un investissement, mais c’est le seul moyen de conserver durablement la location de votre bien.
Les aides financières pour les bailleurs
Plusieurs dispositifs existent pour alléger le coût des travaux :
- MaPrimeRénov’ : cumulable avec d’autres aides, elle finance l’isolation, le chauffage ou la ventilation. En 2024, le programme se divise en deux parcours : le parcours accompagné pour les rénovations d’ampleur et le parcours décarbonation pour les rénovations ciblées.
- L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : prêt sans intérêt pouvant atteindre 50 000 € par logement, accessible à tous les bailleurs.
- Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : primes pour des travaux précis, parfois bonifiées par les dispositifs « Coup de pouce ».
- La TVA à taux réduit (5,5 %) : applicable à certains travaux de rénovation énergétique.
- Les aides locales : de nombreuses collectivités complètent le financement.
Copropriétés : une situation plus complexe
En copropriété, un propriétaire ne peut pas toujours agir seul. Toute intervention touchant aux parties communes, isolation extérieure, rénovation du chauffage collectif, doit être approuvée en assemblée générale des copropriétaires. D’où des délais importants, voire des blocages quand certains copropriétaires refusent le coût des travaux. Anticipez les votes : le calendrier, lui, ne s’arrête pas.
Que risque un bailleur qui loue quand même une passoire G ?
Les sanctions pénales sont encore en cours de définition, mais deux risques sont déjà bien réels :
- le DPE est opposable : un locataire peut se retourner contre le bailleur si le logement ne respecte pas la classe annoncée, avec à la clé des réductions de loyer voire des dommages et intérêts ;
- la loi Airbnb interdit également la location en meublé de tourisme des biens classés G depuis 2025.
FAQ
Un logement classé G peut-il encore être loué en 2025 ?
Non. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G (plus de 420 kWh/m²/an) sont considérés comme indécents et ne peuvent plus être mis en location nue ou meublée, sauf dérogations très encadrées. Le bail doit garantir un logement décent.
Quand les logements classés F seront-ils interdits de location ?
Les logements classés F (entre 330 et 420 kWh/m²/an) ne pourront plus être loués à partir de 2028, puis ce sera au tour des classes E en 2034. Mieux vaut planifier les travaux maintenant, car les chantiers prennent du temps.
Quelles aides pour sortir d’une passoire thermique en location ?
MaPrimeRénov’, l’éco-PTZ jusqu’à 50 000 € sans intérêts, les primes CEE, la TVA à 5,5 % et les aides locales. Elles sont cumulables pour financer isolation, chauffage et ventilation.
En conclusion : pourquoi ne pas attendre 2034 ?
Les mesures de 2025 ne sont que la première étape d’une série de réformes visant à éradiquer les passoires thermiques d’ici 2034. Pour les bailleurs, anticiper la rénovation permet d’éviter les sanctions, de garantir des loyers attractifs et d’augmenter la valeur de son bien tout en contribuant à la transition écologique.
Si vous êtes propriétaire d’un bien classé F ou G, ne laissez pas votre investissement se déliter : faites identifier les travaux les plus efficaces grâce à mon offre d’analyse de DPE ou contactez-moi via la page de contact.